EFFORTS FOURNIS POUR LE RENFORCEMENT DU SYSTEME EDUCATIF ET POUR LA

SCOLARISATION DES FILLES

Le Gouvernement malien a entrepris depuis 1990 des actions en faveur de la scolarisation des filles et de l’éducation pour tous. 

La création de la Cellule de la Scolarisation des filles aux niveaux national et régional et de la commission thématique sur la scolarisation des jeunes filles a marqué cette orientation de la politique éducative. Des actions de sensibilisation se sont déroulées sur tout le pays et se sont intensifiées après 1998 avec la production du PRODEC. 

Depuis lors, la Cellule de la Scolarisation des Filles, structure créée par le Ministère de l’Education entreprend des actions tant aux niveaux régional que central. Les cellules régionales sont maintenant plus actives dans les actions concrètes sur le terrain.

Le ME, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, a commandité des études sur le genre et l’éducation, comme par exemple le rapport d’étude de l’Analyse de Genre du PRODEC. Cette étude et une analyse institutionnelle du Ministère de l’Education ont relevé une série de faiblesses concernant l’intégration des filles et de leurs besoins aux éléments clés du plan sectoriel.  Ces études ont permis de déterminer certaines insuffisances quant à l’intégration du genre et des recommandations ont été faites pour remédier à celles­

ci. L’une des recommandations suggère que l’orientation, la stratégie et le contenu des manuels scolaires prennent mieux en compte les besoins d’instruction des filles suivant le niveau de connaissance et de compétence du personnel et des individus chargés de ce domaine (image, rôles, messages positifs pour les femmes et les filles en rapport avec les domaines de développement clés).

Les initiatives en faveur de la scolarisation des filles du Ministère de l’Education  ont été souvent soutenues par les partenaires techniques et financiers (PTF). Voici quelques exemples:4

UNICEF: L’UNICEF apporte un appui financier soit en finançant directement des projets et programmes soit en appuyant budgétairement le ministère de l’éducation par l’intermédiaire du gouvernement. Le programme d’assistance au Mali a inclus en 1993 un volet éducation.  C’est ainsi que l’UNICEF a contribué à l’élaboration du PRODEC. C’est en 1998 que le programme quinquennal de l’UNICEF a mis un accent particulier sur la scolarisation des filles. Ce programme visait l’amélioration qualitative et quantitative de la scolarisation des jeunes filles, en ciblant Kayes et Mopti dont les taux de scolarisation sont parmi les plus faibles du pays tant au niveau des filles qu’au niveau des garçons. 

L’UNICEF est aussi chef de file de la commission thématique sur la scolarisation des jeunes filles. Cette commission comprend le Ministère de l’Éducation et les partenaires au développement suivant : les Pays Bas, l’USAID, l’UNESCO et l’UNICEF. 

USAID: Le programme d’assistance de l’USAID dans le secteur de l’éducation a commencé en 1990 avec le projet de développement de l’éducation de base PDEB  (en anglais BEEP). La scolarisation des filles figurait déjà parmi les cinq objectifs. Le coût total du projet s’élevait en 90 à 10 millions de dollars US. Ce montant a été porté à 41 millions de dollars US en 1995. Les actions principales relatives à la scolarisation des filles consistaient essentiellement en négociations avec le gouvernement pour inclure de façon spécifique la scolarisation des jeunes filles et avec les bailleurs de fonds pour un projet multilatéral. Des décrets ministériels s’en sont suivis et ont abouti à la création de la Cellule de scolarisation des filles. 

Après 1998, et par l’intermédiaire des PVOs américains (World Education, Save the Children, Projet SAGE), des programmes ont été mis en œuvre dans les domaines suivants : 

.                      ▪           Appui aux écoles communautaires

.                      ▪           Organisation d’activités de formation des enseignants dans le domaine de la scolarisation des filles 

                        ▪           Sensibilisation des communautés

                       

L’USAID intervient dans le cadre de la composante éducation de son objectif stratégique “jeunesse” en offrant: 

.                      ▪           Un appui budgétaire au gouvernement

.                      ▪           Un financement à travers les PVO/ONG (World Education, Save The Children, Africare)

.                      ▪           Une assistance technique (SAGE, John Snow, Inc./Programme Denmisenya Yiriwali,  WIDTECH)

.                      ▪           Le montant de cette composante éducation qui inclut des objectifs pour la promotion de la scolarisation des filles s’élève à 5 millions de dollars US par an sur cinq ans.

Nous citons ici quelques partenaires qui étaient présents sur le terrain et disponibles pour nous rencontrer 

PAYS-BAS: La coopération néerlandaise, l’organisation néerlandaise pour l’aide au développement,est un des partenaires principaux de la scolarisation des filles depuis 1997­1998. Les actions ont commencé par un appui au gouvernement dans le cadre de la préparation du PRODEC. Puis des accords ont été signés pour fournir des appuis budgétaires au développement de l’éducation (infrastructures, qualité de l’éducation et scolarisation des filles). Un des accords bilatéraux de  ces dernières années, d’un montant de 134.860.000 FCFA, avait pour objectif la scolarisation des filles et a servi à financer des micro-projets et la formation de maîtres et maîtresses. Ces activités ont été exécutées par la Cellule nationale.

Un plan de mise en œuvre du PRODEC, appelé programme d’investissement du secteur de l’éducation (PISE) sur la période 2002-2004 sert de cadre au dernier accord d’un montant de 40 millions d’euros. Des activités pour la promotion de la scolarisation des filles y figurent. Un représentant de la coopération néerlandaise que nous avons rencontré a recommandé d’éviter la duplication des efforts, ce qui justifie la nécessité d’assurer la coordination et le suivi de la mise en œuvre du PRODEC.

DONNEES FINANCIERES: La promotion de l’éducation des filles est un élément du processus de développement de l’éducation en général et des programmes d’assistance. Ce n’est que depuis trois à quatre ans que certains partenaires et le gouvernement distinguent des lignes budgétaires réservées à la scolarisation des filles. Cependant les actions menées pour l’éducation pour tous contribuent aussi directement à la scolarisation des filles. Il est donc difficile de faire le point de tous les investissements faits pour la scolarisation des filles et de distinguer toutes les ressources.

En conclusion, il est évident que les efforts fournis par le ME, les PTF et les communautés ont abouti à de réels progrès en matière d’accès des filles à l’éducation (TBS en 89/90, 91/92, 99/2000) ; toutefois, l’accès des filles à l’école est encore loin de l’objectif de l’initiative  « Education pour tous » pour l’an 2015. Quant à l’équité d’accès, on note peu de changements et le problème de la disparité en genre persiste.

5. MODELE DE SIMULATION

Dans le cadre de la mise en œuvre du PRODEC en vue d’atteindre l’EPT, le suivi des indicateurs devient une nécessité pour orienter et ensuite évaluer les résultats du PRODEC. Il s’avère important de suivre l’évolution des taux de scolarisation et de performance. La technologie aidant, ceci devient une tâche facile avec un modèle de simulation informatisé. Toute personne à un niveau décisionnel du Ministère devra pouvoir se servir d’un modèle de simulation pour comprendre les implications de chaque décision et mieux  intégrer son action dans le contexte du PRODEC. Un des objectifs de cette mission est d’analyser le modèle de simulation actuel et d’en évaluer la pertinence par rapport aux stratégies pour l’éducation des filles. Cette mission s’insère dans le cadre d’une formation du personnel d’encadrement à “l’intégration des outils et des stratégies du genre dans le curriculum5.” Elle devrait permettre l’utilisation de ce modèle de simulation pour identifier les stratégies possibles afin

L’intégration du genre dans le développement du curriculum du niveau I de l’enseignement fondamental dans la république du Mali (phase I) WIDTECH, MARPHATIA, A.

d’atteindre les objectifs de l’éducation primaire universelle en général et d’augmenter le taux
de scolarisation des filles en particulier. D’après le nouveau petit Robert, un modèle de
simulation est une “représentation simplifiée d’un processus ou d’un système.” Le modèle de
simulation actuellement installé à la CPS est encore en cours de développement. Cette
application développée par un consultant de la Banque Mondiale sous Excel pour le
Ministère de l’Education comporte 4 feuilles de calculs. Ce modèle de simulation n’a encore
été ni validé ni diffusé au niveau du Ministère. 

La feuille principale modbase contient des éléments essentiels pour la gestion du système.
Les trois autres feuilles sont calbase, modbase_région et calbase_région.  Cependant les
données telles que le nombre d’élèves, le nombre d’enseignants ne sont pas désagrégées par
genre. Ceci ne permet pas de distinguer des scénarios en se focalisant sur le genre. De plus
certains éléments essentiels tels que la formation des enseignants n’y figurent pas
explicitement.  

Par ailleurs, sur le plan des calculs nous avons relevé des insuffisances à deux niveaux ; les
calculs pourraient être simplifiés comme l’indiquent les deux exemples suivants :

Exemple1 (sur une même feuille): la cellule B322 contient une formule égale au produit
B651*B407. En remplaçant les deux facteurs par leurs valeurs on obtient :
B322= B651*B407=F18*(B18/F18)=B18. Cela aurait été plus simple de laisser donc
B322=B18 et faciliter la maintenance et les mises à jour du modèle

Exemple 2: Les formules sont inutilement itératives d’une feuille à l’autre. La formule d’une
cellule sur la feuille Modbase fait référence à une cellule d’une autre feuille Calbase, qui elle-
même fait référence à d’autres cellules de la feuille Modbase.

Exemple 3: ModbaseD28=CalbaseB14. Or, CalbaseB14 fait référence à des cellules de
Modbase. En fait Calbase est une feuille supplémentaire où figurent les formules de
Modbase.

Ces exemples rendent le modèle difficile à utiliser sans interface ni guide d’utilisation. 
Le modèle n’est pas encore utilisé au Ministère et nous suggérons qu’il fasse l’objet d’une
consultation de l’auteur pour:

.                      ▪ Sa finalisation,

.                      ▪ L’élaboration du guide d’utilisation

.                      ▪ La formation des personnels du ministère et

.                      ▪ L’intégration des données réparties par sexe. 

Pour les raisons ci-dessus mentionnées, il n’a été possible d’exploiter ce modèle ni pour l’étude rétroactive, ni pour l’analyse des investissements par rapport aux indicateurs de performance et d’accès à l’éducation des filles. 

Par contre, la consultante a saisi l’opportunité lors de l’atelier genre et curriculum pour introduire l’idée du modèle, et plus précisément les données statistiques relatives à l’enseignement fondamental. 

Présentation du projet de modèle de simulation et de l’étude rétrospective

Au cours de l’atelier de formation du personnel d’encadrement à l’intégration des outils et des stratégies du genre dans le curriculum, l’équipe formée par la consultante et les deux membres de la Cellule de Planification et des Statistiques, Messieurs Modibo DIALLO et Baba Mody CAMARA ont fait une présentation sur le modèle de simulation en cours de développement le mardi 3 août. Comme nous l’avions indiqué ci-dessus, le modèle est en cours d’élaboration et ne pourra servir qu’après avoir été testé et validé par les autorités de la CPS. L’équipe n’a donc pas fait de simulation complète. 

M. Modibo DIALLO a présenté les objectifs qualitatifs et quantitatifs du PRODEC, une série de statistiques concernant l’enseignement fondamental et une analyse de leur intérêt pour le suivi de la mise en œuvre du PRODEC.

La consultante a ensuite présenté le modèle de simulation et les différents aspects de la gestion du système éducatif qui y sont intégrés. Une discussion a alors porté sur les insuffisances du modèle. Il convient de relever quelques-unes des remarques faites et des questions posées :

.                      ▪           Les données statistiques sur le personnel et les élèves ne sont pas désagrégées par genre;

.                      ▪           La formation des enseignants est-elle prise en compte dans le coût moyen d’un enseignant ?

.                      ▪           Pourquoi ne donnez-vous pas une feuille de statistiques sur les projections?

Suite à cette discussion, les participants ont formé plusieurs groupes pour analyser en détail les éléments qui entrent en ligne de compte dans le modèle et pour les compléter le cas échéant. Les membres de chaque groupe ont reçu la liste des éléments qui entrent en compte dans le modèle de simulation. Ils ont discuté des insuffisances du modèle afin d’évaluer son efficacité pour le suivi de l’équité d’accès à l’éducation et de l’approche genre et développement. 

Les 9 groupes ont passé plus d’une heure à revoir la liste et faire des propositions présentées en annexe avec les documents de présentation.

Le vendredi 16 août, au cours du même atelier de formation, la consultante a présenté  l’étude rétrospective sur l’éducation des filles au Mali.  Cette présentation a repris essentiellement la première partie du rapport et en a fait la synthèse. Des éclaircissements sur les différents taux ont été donnés et la présentation s’est terminée par cette recommandation:

Que peut faire chacun d’entre nous à son propre niveau pour atteindre les objectifs de l’an 2015 en se plaçant aussi bien au niveau de l’offre qu’au niveau de la demande ? Les participants avaient donc pour tâche de déterminer des actions concrètes à mener après l’atelier afin de contribuer aux objectifs de scolarisation des filles.