Des Stratégies Réussies

L’Expérience de SAGE au Mali

La Formation en Leadership Provoque des Changements Positifs D’attitude

Zone de Texte:  Des participantes au stage de formation en
 Leadership de Dogobala en session de travail. 
A Dogobala, communauté située aux abords de la capitale du Mali, les statistiques scolaires reflètent un déséquilibre criard en genre.  Des 81 nouveaux élèves qui ont commencé la première année en 1995, 33 seulement étaient des filles, et parmi, seules 18 ont atteint la sixième année en 2000.  Six ont abandonné, 4 ont changé d’école et 5 ont redoublé les classes de niveau inférieur.  Le bureau local de l’Association des Parents d’Elèves tient ces statistiques, mais jusqu’à présent, peu de voix féminines se sont élevées au sein du bureau APE pour expliquer le faible taux de recrutement des filles ou de suggérer des mesures pour y palier.

Au Mali, le projet SAGE travaille avec les communautés comme Dogobala pour donner une formation en leadership aux femmes membres de l’Association des Parents d’Elèves pour améliorer leur participation.  Mis en œuvre par l’Académie pour le Développement de l’Education, SAGE opère dans cinq pays (la Guinée, le Mali, le Ghana, El Salvador, et la République Démocratique du Congo) pour développer des  partenariats multisectoriels de soutien à l’éducation des filles. 

Depuis Mars 1999 SAGE Mali s’est attaquée aux iniquités de l’accès à l’éducation, du maintien, et de la réussite des filles en entreprenant les activités suivantes:

1. L’intégration dans les programmes d’enseignement des compétences essentielles en tenant compte du genre.

2. La formation en leadership des femmes membres de l’Association des Parents d’Elèves (APE).

3. La formation des enseignants en pratiques internes pour la participation équitable des filles et garçons en classe.

4. La formation des communautés en élaboration de plans d’actions communautaires pour l’éducation des filles y compris l’initiation aux stratégies d’encadrement des filles.

Zone de Texte: Le moment le plus significatif de la formation a été le moment où un des participants hommes fut très ému quand il réalisa que les filles échouent souvent à l’école non pas parce qu’elles sont “trop parasseuses” ou “trop stupides” mais bien du fair des nombreuses contraintes que la société leur impose. Cet homme, singuliérement, abatí des préjugés contre les femmes au début de la formation.  

 

 


SAGE Mali a fait des études dans 11 communautés dans le soucis de comprendre le type de rôles que les femmes jouent dans les Associations de Parents d’Elèves des écoles communautaires.  Les rôles traditionnellement joués par les femmes dans la société peuvent affecter leurs rôles en tant que membres de l’Association des Parents d’Elèves, ou même la possibilité pour elles d’en devenir membres.  En examinant les attitudes des femmes, SAGE a trouvé que la non-participation des femmes est perçue comme signe de respect à l’égard des hommes (“en public les femmes ne parlent pas en présence des hommes sauf si elles sont invitées à le faire”).  Là où le statut des femmes est très bas, elles ne peuvent ni entreprendre des activités ni prendre des décisions sans l’accord préalable de leurs pères ou de leurs maris.  D’autres handicaps à la participation des femmes dans les Associations de Parents d’Elèves sont liés à l’analphabétisme, le manque  d’aptitude à parler en public, ainsi que le manque de confiance en elles-mêmes. 

Sans des aptitudes de leadership adéquates, il est impossible aux femmes de communiquer les problèmes auxquels les filles sont confrontées à l’école et de leur trouver des solutions appropriées.

La Formation en Leadership à Dogobala

Situé dans une zone semi-urbaine, Dogobala est une communauté dont la population a une composante variée (paysans, fonctionnaires, députés, maires, commerçants, et autres). L’école communautaire de Dogobala reçoit l’assistance technique de l’Association Malienne pour la Promotion des Jeunes (AMPJ), une ONG nationale affiliée à Word Education, une organisation Zone de Texte:  
Des participantes au stage de Dogobala dans un exercice de jeu de rôle.

bénévole privée américaine opérant au Mali.

SAGE Mali a initiée une formation en leadership de quatre jours à Dogobala.  L’objectif de la formation, qui a vu la participation de 23 personnes (dont 11 femmes), était d’identifier les barrières qui freinent la participation des femmes dans les APEs et celles qui freinent l’éducation des filles.  Bien que la formation ait été destinée aux femmes membres de l’APE, beaucoup d’organisations communautaires et de groupes d’intérêts étaient représentés: des organisations de femmes, des organisations religieuses, des enseignantes, des élèves, et des jeunes diplômés sans emplois.  Il avait été jugé opportun de sensibiliser une représentation transversale de toute la communauté – aussi bien les hommes que les femmes – au changement de rôles des femmes, changement souhaité pour leur participation équitable au fonctionnement des APEs.

SAGE a utilisé l’approche basée expérientielle à fin de permettre aux participants de confronter les préjugés erronés classiques sur les femmes, surtout leur infériorité supposée aux hommes.  L’objectif de la formation était:

La première activité a consisté en une course entre des groupes d’hommes et de femmes.  Dans chaque groupe un homme a les jambes liées, une porte une charge sur la tête, et un tient un sac.  Les hommes et les femmes ont remarqué que dans la vie active la personne qui a les jambes liées et celle qui a la charge sur la tête représentent beaucoup de femmes: la charge sur la tête représente leurs travaux domestiques, et les jambes liées représentent l’obligation pour elles de prendre soin de leurs enfants et tous les autres problèmes liés à leur statut inférieur dans la société.

Les participantes ont conclu que la capacité d’une femme à assumer des responsabilités de leader dans sa communauté subit les contraintes suivantes:

Zone de Texte:  
Malgré de multiples obstacles ces petites jeunes filles ont pu être inscrites à l’école.
La seconde activité mettait l’accent sur les barrières empêchant l’éducation des filles.  Selon un participant, les filles ne terminent pas leurs études parce qu’elles ne sont pas assez intelligentes ou elles ne fournissent pas assez d’effort pour réussir.  Pour prouver que de telles assertions sont fausses SAGE a demandé aux femmes présentes dans la salle de se lever.  Ensuite ils ont demandé un à un:

Ainsi de suite jusqu’au niveau supérieur.

On a demandé à chacune des femmes de dire pourquoi elle n’a pas atteint le niveau suivant.  Certaines des raisons évoquées étaient qu’elles devaient veiller sur leurs frères et sœurs ou que leurs parents les ont fait quitter l’école soit pour les marier soit parce qu’ils ne pouvaient pas payer les frais de scolarité.

Les discussions durant la formation étaient souvent houleuses et souvent pleines d’émotions. Le moment le plus significatif de la formation a été le moment où un des participants hommes fut très ému quand il réalisa que les filles échouent souvent à l’école non pas parce qu’elles sont “trop paresseuses” ou “trop stupides” mais bien du faire des nombreuses contraintes que la société leur impose. Cet homme, singulièrement, abatí des préjugés contre les femmes au début de la formation. Ce changement d’attitude manifesté à l’égard des femmes et leur potentiel à réussir le cursus scolaire est un indice révélateur de la pertinence de l’approche utilisée très tôt dans la formation. Les facilitateurs ont anticipés le degré de prédisposition des participants au changement et ont su en tenir compte lors de l’animation et de l’administration du module de formation. Cela fût un des garants de la réussite de la formation.

Conclusion

Les participantes au stage ont pris conscience de l’existence dans la communauté des obstacles qui empêchent les filles et les femmes d’assumer des postes de leadership, ainsi que de ceux qui freinent l’éducation des filles.  En provoquant un changement positif d’attitude autour des rôles selon le genre au niveau de la communauté, SAGE a posé le fondement pour les femmes de s’impliquer dans l’abolition des contraintes persistantes liées à l’éducation des filles.  Les femmes sont mieux préparées pour assumer des rôles de leadership dans les APEs et les hommes sont conscients de l’existence d’obstacles au leadership des femmes.

Références:

             Agueh. F. (2000).  SAGE Mali 2000-2001 Program Design.  Washington, D.C.: Academy for Educational Development.

             Agueh. F. (2000).  SAGE Mali 2001 Implementation Plan.  Washington, D.C.: Academy for Educational Development.

             Coulibaly, K. (1999-2002).  Monthly Reports.  Washington, D.C.: Academy for Educational Development.

             M. and D. Fredo (2000). Vers une Participation Active des Femmes dans les Actions d’Education à la Base: Guide d’Animation. Kati, Mali: L’Institut pour l’Education Populaire.

             Fredo, D. and M. Diarra. (2000).  Gender Participation and Change: A Report on Field Visits to Community School APEs and Readiness of NGO Field Agents.  SAGE Project Consultant Report.  Kati, Mali: Institute for Popular Education.

             L’Institut pour l’Education Populaire. (2001).  Vers une Participation Effective des Femmes Membres des APEs.  Kati, Mali: l’Institut pour l’Education Populaire.

             Rihani, M. and K. Tietjen. (1990). Girls’ Education Activity (GEA): Mali Strategy and Design.  Washington, D.C.: Academy for Educational Development.

Contributeurs:

Dr. Kadiatou Coulibaly                                     Pour d’amples informations, contactez

Fatoumata Binta Sow, Diouara Kadidia            May Rihani ou Giselle Mitton

Dembélé, Nora Kruk                                        Academy for Educational Development

Ecrit par Debra Schumann                               Center for Gender Equity

Edité par Giselle Mitton                                   1825 Connecticut Avenue, NW

                                                                         Washington, D.C. 20009                                        

                                                                          www.aed.org

                                                             

                                                        USAID Contract No : FAO-Q-07-96-90006*

* These stories were translated from the original English version, which was produced under the noted USAID contract number.