PROGRAMME D'EDUCATION CIVIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

rapport de mission

 

 

 

juillet 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PAULINE DION, consultante

 


MISE EN CONTEXTE

 

Le faible taux de participation aux dernières élections présidentielle et législative a amené le Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales à se pencher sérieusement sur les raisons de cet absentéisme potentiellement nuisible. A la suite d'une intense réflexion collective avec les partis politiques et la société civile, l'éducation civique a été retenue comme un moyen privilégié pour vaincre les réticences de l'électorat malien. Suite à ces conclusions, le PNUD a demandé une consultation en éducation civique au Mali.

 

La première étape, dite prospective, permit de recenser les actions d'éducation civique menées par des organisations de la société civile préalablement aux dernières élections. Le rapport de cette première mission recommandait que le thème de l'éducation civique soit scindé en deux programmes distincts, l'un s'adressant au Ministère de l'Éducation et l'autre au MATCL..

 

Le deuxième rapport de mission présente des propositions de mise en œuvre de ces deux programmes. Dans un document remis à la coordination du DAP PRODEC, au Ministère de l'Éducation, on a présenté les grandes lignes d'un programme pour introduire le thème de l'éducation civique dans les curricula du fondamental et du secondaire, avec emphase sur la préparation aux élections des étudiants qui votent pour la première fois. Au MATCL, responsable de l'information aux électeurs, il était proposé la mise en œuvre d'une campagne nationale d'éducation civique axée sur la décentralisation.

 

Cette dernière mission avait pour objectif d'encadrer la mise en œuvre du programme national d'éducation civique dans ses deux sous-programmes. Dans le cadre de la campagne d'éducation civique, il s'agissait de procéder à l'élaboration de la boite à images, préparer la formation des formateurs et assister les membres du Comité Technique dans la prise en charge de la programmation. Auprès du Ministère de l'Éducation d'autre part, il importait de vérifier l'état d'avancement de l'introduction du thème de l'éducation civique dans le processus d'écriture des curricula par la cellule de la culture de la paix et des droits humains.

 

 

RENFORCEMENT DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES

 

FONCTIONNEMENT DES STRUCTURES

 

Comité de Coordination

Le Comité de Coordination, composé du Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) et du Ministère de l'Éducation, d'une part et du PNUD d'autre part, a comme fonction principale de piloter la campagne d'éducation civique et d'encadrer le Comité Technique dans la mise en œuvre des activités.

 

Pour quelque raison, le CC a tardé à se réunir et à jouer ce rôle politique, et c'est séparément que le MATCL et le PNUD ont été interpellés par le Comité Technique pour des informations et des éclaircissements. Il a tenu sa première réunion officielle à la mi-juin, ce qui a été reçu par le Comité Technique comme un encouragement à continuer ses efforts en vue d'arriver à une programmation globale de la campagne.

 

Comité Technique

Le Comité Technique se réunit régulièrement depuis la mi-mars. Le CT a déposé ses statuts et règlements à la fin avril et a élaboré les documents de fonctionnement réclamés par le MATCL et le PNUD. Le CT s'est donné une structure hybride, à la fois hiérarchique et collégiale, ce qui diminue son efficacité en ralentissant la prise de décision. En effet, le CT s'est donné un président avec voix prépondérante et a élargi son bureau exécutif pour inclure tous les membres. Ceci a pour résultat d'isoler le président dans l'utilisation de son droit car il ne peut s'appuyer sur un véritable bureau exécutif, tout en privant les membres du Comité Technique des bienfaits d'une véritable collégialité.

 

Pour gagner en souplesse et en efficacité, le Comité Technique aurait intérêt à se doter d'un Bureau exécutif plus restreint dont les membres pourraient se réunir ponctuellement pour gérer les questions quotidiennes ou pressantes et prendre les décisions qui s'imposent au nom du CT, sans que tous les membres de ce dernier n'aient à se déplacer. Un Bureau Exécutif uestions essentielles qui sont souvent évitées ou reportées à la prochaine réunion du CT.

 

Commissions de travail

Par ailleurs, quatre commissions ont été mises sur pied pour développer les quatre grandes activités proposées dans le rapport de mission. Ces groupes de travail élaborent les activités librement et les proposent au CT pour discussion et approbation. Ce processus de mise en examen n'est d'ailleurs pas fait de façon très rigoureuse, ce qui ne favorise pas le développement d'une vision stratégique. D'un autre côté, le découpage du travail en volets d'activités plutôt qu'en étapes de réalisation nuit à l'appropriation du programme de la campagne par les membres du CT. Il eût probablement été plus rationnel de partager le travail selon le calendrier d'exécution, c'est-à-dire la planification, la description des activités, la budgétisation, la conception des outils pédagogiques, le processus de suivi-évaluation. Ce découpage aurait permis une meilleure répartition du volume du travail entre les membres et une visualisation par les commissions de la programmation globale. Jusqu'ici elles donnent parfois l'impression de travailler à des projets séparés.

 

Faute de pouvoir restructurer le fonctionnement du CT, deux mécanismes peuvent aider le Comité Technique à se créer une personnalité et une identité propres. La première est l'installation d'un secrétariat dont la permanence est assurée par le représentant de la DNI au Comité Technique. Ce bureau, situé dans les locaux du MATCL, était devenu nécessaire afin d'expédier les affaires courantes. Bien que le mandat du secrétaire permanent ne soit pas encore finalisé , il est clair qu'une de ses principales fonctions concerne la circulation de l'information entre les membres ainsi qu'entre le CT et les comités régionaux. Jusqu'ici, la transparence n'est pas la première caractéristique du CT. Or, comme le secrétariat ne dispose pas de numéro de téléphone propre, les correspondances officielles continuent de porter en bas de page les numéros personnels du président, ce qui ne contribue en rien à diminuer la méfiance latente au sein du CT. Une attention immédiate devrait être apportée à l'élaboration du mandat du secrétaire permanent ainsi qu'aux coordonnées officielles du CT.

 

Le deuxième mécanisme est le bureau exécutif restreint qui pourrait être composé du secrétaire permanent, la responsable de la commission animation (compte tenu de l'importance de la boîte à images comme pièce maîtresse de la campagne) et le Président du comité technique, assisté par le VNU du PNUD. Cette composition est à revoir en fonction des activités planifiées sur la base des engagements financiers fermes. Il sera notamment chargé de la gestion quotidienne de la campagne et le suivi des activités sur le terrain en étroite liaison avec les comités régionaux et les volontaires des nations unies.

 

Comité de programmation

Ce comité a été convoqué dans le but de recentrer les volets autour de la boite à images et harmoniser les messages ainsi que le style de réalisation. Une première rencontre a eu lieu qui a eu pour effet d'imposer un seul fil conducteur et de mieux visualiser les budgets des composantes, jusqu'ici construits de manière isolée.

 

La commission animation et la commission conférences-débats semblent avoir bien intégré les lignes directrices et les contraintes budgétaires de la programmation. La commission théâtre s'est passablement éloignée de l'idée initiale qui envisageait une création théâtrale par une troupe expérimentée dans le théâtre pédagogique, avec la contribution d'un scénariste qui travaillerait de concert avec les concepteurs de la boite à images, et de faire voyager la pièce au moyen du vidéo pour éviter des coûts de tournées. Quant à la commission médias, elle n'a encore soumis aucun plan médiatique global et reste en attente des demandes précises du Comité Technique.

 

Il faut dire que les restrictions budgétaires annoncées à la mi-juin, si elles n'ont pas refroidi l'engagement des membres du Comité Technique, ont un peu ralenti leurs espoirs de voir une campagne nationale prendre place dans tout le pays et rejoindre la totalité de la population. Comme il est évident que des priorités de financement doivent être sélectionnées (il est maintenant admis que la diffusion de la boite à images sera la pièce maîtresse, pour aussi budgétivore qu'elle soit), des produits d'identification nécessaires à une campagne tels qu'un logo et une chanson-thème ont été jusqu'ici laissés de côté. C'est aussi le cas du radio-feuilleton.

 

Une fois définie les propositions de programmation, il ne sera plus nécessaire de maintenir ce comité qui pourrait se réunir de manière ad-hoc pour la relecture des programmes ou pour dégager nouvelles pistes de la campagne à l'avenir.

 

 

 

PLANIFICATION ET PROGRAMMATION

 

Une partie importante du travail de la consultante en cette troisième mission a été d'élaborer pour le Comité Technique des outils de planification et de programmation. Calendriers mensuels d'activités, planification et plan d'opération, chronogrammes, scénarios de budgétisation du volet animation, modèle de présentation d'activités pour financement, préparation d'ordre du jour, propositions pour dénouer les blocages : les outils et leurs objectifs étaient présentés au président du CT qui les proposait aux membres lors des réunions. Tous n'ont pas été utilisés, loin de là. Mais il faut bien dire, à la décharge du CT, que cette expérience de mise en commun de missions et de cultures de travail différentes est une première et que, si le rythme est lent et les résultat du travail parfois décevants, les composantes tiennent bon et aucune n'a manifesté l'intention de se retirer. Les membres du CT sont conscients de la précarité de leur situation et s'ils n'anticipent pas les écueils, ils y font face et ont à cœur de régler les différends, quitte à gruger sur le calendrier d'exécution et à multiplier les réunions.

 

RECOMMANDATIONS POUR LA POURSUITE

 

Harmonisation du programme

Les efforts du Comité Technique doivent tendre vers l'harmonisation du programme autour des messages et de l'approche développés par la boite à images. Jusqu'au lancement de la campagne, les commissions ont intérêt à recentrer les activités autour des thèmes en gardant en mémoire les populations-cibles. Plus d'un scénario devrait être préparé pour chaque volet afin d'être en mesure de réagir rapidement selon les offres de financement. Il ne faut pas oublier que le concept de campagne nationale ne passe pas uniquement par l'animation personnalisée et qu'une stratégie médiatique adéquate (en utilisant entre autres les radios de proximité) peut s'avérer extrêmement efficace.

 

Les comités régionaux

Les comités régionaux sont appelés à jouer sous peu un rôle déterminant dans la poursuite des activités de la campagne. En effet, ce sont eux qui ont la responsabilité de sélectionner et de recruter les formateurs et les animateurs qui utiliseront la boite à image auprès des populations. Ils seront aussi les premiers à être approchés et interpellés par d'autres ONG locales, intéressées à utiliser l'outil et à participer à l'effort national d'éducation civique. Le Comité Technique doit se pencher sur cette question avant même que ne commence la recherche de candidats dans les régions : la promotion des activités de la campagne, les collaborations porteuses, l'intégration des ONG oeuvrant dans les villages, la publicité médiatique. En tant que relais de la campagne dans les régions, les comités régionaux doivent être préparés afin d'être en mesure de faciliter la participation externe sans perdre le contrôle sur la déroulement des activités.

 

Pour leur permettre de bien apprécier les compétences requises par une utilisation correcte de la boite à images, la consultante a déjà proposé d'organiser des missions d'animation-validation de la boite à images auprès des comités régionaux. Connaissant l'outil d'animation, ces derniers seront ainsi mieux en mesure de procéder à une sélection judicieuse des candidats aux postes de formateurs et d'animateurs. Dans chaque région, cette démonstration doit être l'occasion d'inviter les partenaires et les ONG qui s'investissent dans la décentralisation ainsi que les autorités locales. En plus d'impliquer davantage les comités régionaux dans les préparatifs de la campagne, elle a comme objectif de :

•  Discuter et préciser avec eux les critères et les modalités de sélection des formateurs et des animateurs

•  Intéresser les partenaires oeuvrant dans la région à la Boite à Images

•  Chercher l'adhésion des autorités locales afin qu'elles en fassent la promotion

•  Valider le texte et les images

•  Servir de répétition aux concepteurs qui seront chargés de la formation des formateurs.

 

Il est également urgent de développer et de tester des mécanismes de liaison avec les coordonnateurs régionaux avant que ne commencent les activités sur le terrain. En effet, autant il est important de s'assurer les points de chute et numéros de contact, autant il est important de créer des liens de confiance qui vont permettre au CT de suivre les activités et de garder le contrôle en tant que comité de mise en œuvre. Les difficultés et blocages doivent trouver rapidement leur solution et ceci ne peut se faire que dans le cadre d'un fonctionnement flexible et déjà éprouvé. On ne saurait trop insister sur l'importance de développer un esprit d'équipe pour travailler en éducation civique.

 

Une autre importante tâche doit retenir l'attention du Comité Technique, c'est la construction des mécanismes et outils de suivi des activités. Ceux-ci doivent être élaborés en gardant en tête l'évaluation de la campagne qui devra accompagner le rapport final au MATCL et aux bailleurs de fonds. Il s'agit de planifier dès maintenant les lieux de collecte de données et les questionnaires et autres outils pour le faire. Les comités régionaux doivent être instruits sur le processus et la manière de recueillir les informations. Il conviendra ensuite, dans chaque région, d'étudier la possibilité de s'adjoindre les services des ONG et autres organisations déjà actives dans les localités visitées par les équipes d'animation. Il faut intégrer dans cette opération d'appréciation, l'opinion des participants aux séances d'animation, celle des animateurs sur l'outil utilisée et sur la formation reçue, celle des formateurs sur le travail des animateurs et sur la préparation qu'ils ont eux-mêmes reçue. Il faut en outre noter le nombre de participants, le lieu, la date de chaque séance d'animation, le nom des ONG locales qui participent d'une façon ou d'une autre, faire une liste des demandes d'animation que le programme ne peut satisfaire et tout autre information susceptible d'éclairer sur l'envergure de la campagne, l'efficacité de la Boite à Image, la performance des animateurs et le degré de satisfaction des populations touchées.

 

Le trésorier du Comité Technique doit aussi prévoir dès maintenant les mécanismes de transfert d'argent dans les régions ainsi que les instructions y relatives pour que les comités régionaux soient en mesure de payer les indemnités liées à la formation et à l'animation sur le terrain ainsi que tout autre frais occasionnés par la réalisation d'activités. Certains ressources du programme des volontaires des nations unies PAVD (en appui à la DNCT) pourraient être utilisés pour appuyer les comités régionaux dans 3 ou 4 régions.

 

Suivi-évaluation des activités du programme

La supervision des activités d'animation et autres sur le terrain requiert une planification minutieuse de la part du comité régional. Elle nécessitera également le soutien de plusieurs intervenants, principalement les ONG qui ont des programmes dans les villages. En tant que maître d'œuvre de la campagne, le CT a la responsabilité de développer le plan de suivi des activités et d'évaluation de la campagne et d'élaborer les outils nécessaires pour le réaliser.

 

Comme pour n'importe quel projet, le processus et les mécanismes d'évaluation doivent être conçus avant la mise en œuvre. Il faut donc, pour chaque activité, dégager des indicateurs qui vont permettre de mesurer le degré de réussite. Puisque les activités sont prises en charge par les commissions, il convient donc maintenant de demander à chaque commission de développer, au moins dans ses grandes lignes, un plan d'évaluation de son volet. Il convient ici de rappeler que le rapport final sera grandement facilité si chaque rapport d'activité présente clairement les objectifs visés et les indicateurs de réussite.

 

Tel que l'a déjà annoncé le président, dès le début des activités (en juillet), les commissions de travail devraient faire place à un seul Bureau exécutif/Comité de Suivi des opérations.

 

Les plans de suivi préparés par les commissions seront aussi fondus et intégrés dans un même processus. Toutes les activités, qu'il s'agisse de formation, d'animation, d'organisation de conférences ou de productions culturelles doivent être comprises dans le processus de suivi. Les fiches et rapports de suivi constitueront la base du processus d'évaluation de la campagne. Les indicateurs serviront à mesurer le degré d'atteinte des objectifs. Il serait également grandement utile de définir dès maintenant quelques indicateurs d'impact qui permettront de comparer le taux de votation dans les localités visitées avec celui de villages non visités . Cette tâche pourrait faire partie du mandat du Secrétaire Permanent.

 

Les outils et fiches de suivi et d'évaluation doivent être conçus de manière à être facilement compilables. Il ne sert à rien de se donner le mal de recueillir des centaines d'opinions si on n'a pas prévu un mécanisme efficace de traitement. A cet égard, l'équipe informatique du MATCL qui traite les résultats des élections devrait être consultée et son expertise mise à profit dans le cas de la campagne. Par ailleurs, les questionnaire d'évaluation ont intérêt à bien distinguer entre les données objectives qui vont fournir un portrait des activités et les questions subjectives qui aident à apprécier le degré de performance.

 

Chaque outil est accompagné d'instructions écrites décrivant l'objectif et les modalités d'utilisation : qui doit l'utiliser, à quel moment, comment le faire et à qui le remettre une fois complété et dans quel délai, le cas échéant. Le secrétariat permanent sera très actif dans les opérations de suivi afin de maintenir la liaison avec les comités régionaux qui recueilleront et colligeront probablement les renseignements de première main.

 

 

ACTIVITÉS RÉALISÉES

 

Par manque d'expérience ou d'anticipation, le Comité Technique a eu du mal à suivre son calendrier d'activités, les fonds requis faisant défaut en conséquence, ce qui a servi à camoufler d'autres lacunes. Il faut bien dire qu'il n'a pas été instruit de façon précise sur les mécanismes et délais de transfert d'argent et que les discussions du comité technique ont été dominées par des questions pécuniaires au lieu de se concentrer sur le contenu du programme, rendant difficile ainsi au PNUD et au MATCL à identifier la meilleure méthode de gestion financière. Les propositions des trois volets de la campagne (animation, conférences débat et théâtre) ont été soumis au comité de coordination début juillet, 5 mois après le démarrage du comité technique et l'installation de ses commissions. Ceci étant, il faut encore déplorer que la budgétisation ne soit pas considérée et utilisée par le CT comme un élément de planification qui facilite le respect du calendrier.

 

Atelier préparatoire

Le rapport de mission de mars 2003 proposait au Comité Technique la tenue d'un atelier de réflexion et de discussion. Ceci devait permettre la mise à niveau des connaissances des membres sur les thèmes et la définition d'un plan d'action pour la mise en œuvre de la campagne nationale d'éducation civique. L'objectif était donc de s'emparer des propositions soumises dans le rapport de mission, de les étudier, de les adapter selon ses expériences pratiques et les expertises de ses antennes qui oeuvrent en régions. Il devait aussi permettre la restitution des conclusions du sondage du GREAT, qui avait été réalisé en préliminaire à la campagne.

 

Le premier programme d'atelier préparé par le CT se limitait à la présentation du rapport du sondage et à une période d'explication sur les propositions initiales soumises en mars 2003. Il fallait donc retourner aux objectifs premiers et insister sur l'importance d'une mise à niveau entre les différentes composantes qui ont des cultures de travail et des expériences variées. La suggestion d'échanger en sous-groupes sur les thèmes de la campagne a ouvert la voie à la participation de quelques membres de chaque commission de travail. Les résultats de la rencontre ont été cependant un peu biaisés par l'annonce du budget de démarrage disponible au PNUD et une invitation par le président à identifier une stratégie conséquente.

 

L'atelier préparatoire a été le premier événement organisé par le CT. S'il ne fut pas le succès que d'aucuns attendaient, il a quand même permis de discuter sur les thèmes et d'apprécier la valeur des activités proposées et d'en suggérer d'autres plus coutumières aux actions de sensibilisation au Mali. Il faut souligner la persistance de la confusion qui a entouré la boite à images depuis la proposition initiale, bien que la grande majorité des participants n'avaient jamais utilisé l'outil tel que conçu au Mali.

 

Cette première activité a vraiment sonné le début de la mise en œuvre pour le Comité Technique. Il venait en effet de prouver au PNUD et au MATCL, qui ont tous deux contribué à l'ouverture de l'atelier, qu'il était en mesure de mener à bien le programme d'activités malgré les embûches.

 

Le rapport de l'atelier préparatoire a été revu et corrigé avant d'être distribué par le Comité Technique. Lors de l'évaluation de l'organisation et du programme de l'activité, on a toutefois omis de mentionner l'absence, dans le rapport, des objectifs de l'atelier, de même que les indicateurs tels que le nombre de participants pour mesurer les résultats atteints. Cette omission est symptomatique du peu de rigueur d'analyse des actions. Aussi faudra-t-il s'en méfier lors de l'élaboration des outils de suivi et l'évaluation des activités.

 

Lancement du rapport du sondage

Ce deuxième événement illustre très bien le genre de dérive occasionnée par l'absence d'encadrement de la part du Comité de Coordination. Le PNUD avait, depuis la parution du rapport du sondage, exprimé le désir d'organiser un événement médiatisé afin d'en faire connaître les origines et les conclusions. Cette intention avait même été consignée dans le rapport de mission. Cependant, au cours des discussions au sein du Comité Technique, une toute autre tournure a été développée : on a parlé de plus en plus de lancement de la campagne et de présentation du Comité Technique et de moins en moins d'opération médiatique autour du sondage.

 

Finalement, quand le Comité Technique a accepté de revenir sur l'objectif premier de l'événement, il était trop tard pour faire marche arrière complètement, car l'invitation avait déjà été publiée dans deux quotidiens de la capitale. L'organisation de ce lancement a été un cafouillis depuis sa conception jusqu'au jour de l'événement. Le CT a perdu une belle occasion d'asseoir publiquement sa crédibilité et de faire valoir ses capacités d'organisation. Les retards dans la livraison des invitations n'ont pas permis la présence du Représentant Résident ni d'aucun bailleur de fonds, dont l'appui est pourtant essentiel dans la réalisation des activités de la campagne.

 

L'organisation de cet événement avait été confiée à la Commission Médias. Comme pour l'atelier préparatoire, la libération des fonds nécessaires venant tardivement, certaines étapes ont été escamotées. Cependant, il est à déplorer que le programme définitif n'ait pas été divulgué au CT et que le rapport final de l'événement n'ait pas encore été déposé. Ici aussi, l'objectif a été détourné et lorsque les organisateurs se déclarent satisfaits des résultats, ils révèlent du coup la distance existante entre leur agenda et l'objectif de départ.

 

Il est probablement opportun de reconnaître maintenant que la nature et la mission des organisations de presse ont peu en commun avec celles des ONG et de l'administration. Or, pour combler les déficiences humaines et financières, la campagne devra sans aucun doute utiliser les médias pour garder son caractère national. Par ailleurs, comme il semble difficile à la commission de préparer un plan médiatique avant de posséder de plus amples informations sur le programme et le calendrier de la campagne, il serait probablement plus efficace de dresser la liste des besoins et de la lui présenter pour traitement et budgétisation .

 

Dans le même ordre d'idées, puisque la Commission Médias a hérité, dans son cahier de charge, de la production de certaines activités culturelles qui n'a pas eu d'écho jusqu'ici, le CT serait avisé d'en discuter et de prendre les mesures nécessaires et de prendre en charge la réalisation de ces productions. Il est question ici du radio-feuilleton, de la chanson-thème et du logo de la campagne.

 

Installation des comité régionaux

L'installation des comités régionaux est une autre étape qui a été reportée par manque d'anticipation des besoins financiers et de coordination des transferts bancaires. Une fois connu le budget de démarrage mis à la disposition du CT par le PNUD, il s'est avéré nécessaire de réduire l'envergure des actions et de les restreindre à d'abord quatre régions. La stratégie reposait sur l'effet d'entraînement produit par les résultats atteints dans les premières régions sur les partenaires financiers qui oeuvrent dans les autres régions.

 

Un comité régional a donc été installé à Mopti et Tombouctou, à Sikasso et à Koulikoro. Chaque comité est composé d'un représentant en région des structures membres du CT, ainsi que d'un représentant du MATCL et du MEN. Chaque comité régional s'est nommé un coordonnateur qui sera le contact du secrétaire permanent du CT. Deux équipes de deux membres du Comité Technique se sont déplacées pour aller instruire les comités régionaux sur les structures organisationnelles de la Campagne nationale d'Éducation civique, sur le programme d'activités prévues, sur le mandat des comités régionaux et celui de leur coordonnateur. Ces directives seront complétées à mesure que le concours des CR sera requis pour développer les activités dans les régions. Néanmoins, il n'est pas inutile de commencer dès maintenant à concevoir des canaux de communication et de livraison de matériel, des mécanismes de transfert et de contrôle d'argent, des outils de planification, de déploiement et de suivi des animateurs, des supports médiatiques, etc.

 

Liens avec les ONG et autres organisations dans la région

 

Le programme d'instruction des membres des comités régionaux comprenait un point ouvrant sur les collaborations externes pendant la campagne d'éducation civique.. Il est à prévoir en effet que, suite à l'intérêt soulevé dans les populations par cette méthode d'animation, des intervenants approchent les comités régionaux dans l'espoir de participer à l'effort d'éducation civique. Malheureusement, la question reste entière et les comités régionaux ne peuvent pas y répondre d'eux-mêmes et de façon séparée Le CT se doit d'être prêt à cette éventualité et d'avoir déjà une politique claire sur le sujet.

 

 

LA BOITE À IMAGES

 

La méthode de la boite à images, telle que proposée par la consultante, est une méthode qui invite à la réflexion par un jeu de questions et de réponses entre l'animateur et les participants. Plusieurs petites images servent à reconstituer visuellement les réponses, observations, objections et réflexions, elles permettent aux participants de prendre de la distance par rapport à leurs paroles. C'est une méthode où le participant cesse d'être un sujet qui écoute passivement pour devenir un acteur dans le remodelage de son discours.

 

Sélection de l'équipe de concepteurs

Comme on pouvait malheureusement s'y attendre, le Comité Technique n'était pas prêt à recevoir Thierry Nlandu, le consultant congolais, a qui on avait pourtant demandé de repousser sa mission de deux semaines. L'équipe de spécialistes maliens n'était pas recrutée et on hésitait toujours sur les modalités à prendre pour annoncer les postes vacants. Aussi, la consultante a pris l'initiative d'impliquer M. Nlandu dans le processus, croyant mettre l'équipe de sélection à l'abri du favoritisme des uns et des soupçons des autres. . .

 

Plusieurs postes étaient offerts, d'abord aux structures membres du Comité Technique, puis de façon limitée, aux Services et ONG qui utilisent et conçoivent des boites à images pour leur programme de formation . En 48 heures, 26 candidatures ont été reçues pour combler les postes suivants :

Un pédagogue

Deux animateurs/trices

Un dessinateur

Trois aviseurs-conseils : en droit, en pédagogie, en décentralisation.

 

Les premiers postes sont à temps plein alors que les aviseurs sont invités à commenter le texte à différentes étapes de la production.

 

14 personnes ont été convoquées en entrevue. Le comité de sélection était composé du président du CT, du consultant spécialiste de la boite à images et d'une représentante de la Commission Animation. Il a procédé au choix des candidats sans tarder et deux jours plus tard, l'équipe de conception de la boite à images malienne commençait à travailler.

 

Contribution du consultant congolais

Pour travailler sur les valeurs démocratiques nécessaires pour asseoir une véritable démocratie, le choix d'un consultant africain s'est avéré de loin le meilleur. Qui d'autre qu'un Africain peut stigmatiser les comportements nuisibles, les traits culturels qui constituent des blocages au développement, les traditions qui sont en contradiction avec la démocratie? Le « nous, Africains » a servi de sésame dès les premiers jours avec les concepteurs qui, d'abord surpris et un peu réticents à sortir des sentiers battus, ont très vite accordé leur confiance à leur mentor.

 

La grande expérience de M. Nlandu lui a permis de compléter une première mouture de la boite après trois semaines de travail intensif. Il a gracieusement fait la promotion de la boite congolaise, une fois mis au courant des réticences exprimées face à cette méthode d'animation. Il a présenté l'outil d'abord au Comité Technique élargi, à un groupe de cadres de la DNCT et à un groupe de femmes de la CAFO. Il a rapidement gagné ses auditoires à la pertinence et à l'efficacité de l'outil tel qu'utilisé par son groupe congolais. Mais par-dessus tout autre chose, il a su acquérir la confiance de son équipe de concepteurs et des membres du Comité Technique et a agi comme un puissant unificateur autour de la boite à images. Il a aussi (bénévolement) participer à un atelier de formation aux méthodes d'animation inter-actives organisée par une structure membre du Comité Technique désireuse de faire profiter ses animateurs et animatrices de sa grande expérience en animation. Cela a aussi été une occasion d'associer des notions d'esprit civique et de bénévolat dans la diffusion du programme d'éducation civique, renforçant ainsi les propos de la consultante qui sont souvent restés sans écho.

 

Conception de la boite à images malienne

La conception de la boite à images a été un travail collectif, auquel ont contribué le pédagogue et les deux animatrices ainsi que le dessinateur, à chaque étape de son élaboration. Après avoir identifié la famille comme point de départ de la réflexion, chacun notait ses questions et ses réponses susceptibles de faire évoluer l'animation vers l'étape suivante. Suivait un moment de mise en commun où le consultant conservait soit ce qui est une vérité pour tous, soit une réflexion originale qui dérange, toujours dans le but de provoquer la discussion et de remettre en question. La famille nucléaire, la concession familiale, le village, la commune et enfin l'Etat, constituent les points de réflexion que l'animateur lie entre eux par la pratique de valeurs démocratiques comme l'égalité, la participation, la liberté et la justice distributive. Les vérités établies, les traditions culturelles, les impératifs naturels sont ainsi revisités en groupe tout en interpellant chaque participant. Le dessinateur dessinait des sketchs pendant les échanges et, lorsque le texte était plus ou moins arrêté, il proposait des images.

 

Il reste encore quelques détails techniques à régler pour faciliter son utilisation dans tous les milieux : le tissu le plus adéquat, le procédé pour attacher et détacher aisément les images, comment fixer le tissu afin qu'il serve d'écran, etc. L'équipe de conception doit aussi se pencher sur la question de la préparation du matériel et fournir des recommandations précises à la responsable de la Commission Animation : les kits seront-ils montés et préparés pour utilisation pendant la formation? Après la formation? Seront-ils montés par l'animateur ou l'animatrice qui va s'en servir? Sinon par qui? Qui va couper et plastifier les images?

 

Présentations et animations

Une fois la première version terminée, l'équipe de concepteurs a été encouragée à commencer sans tarder à se l'approprier en en faisant l'animation, d'abord entre eux et devant des membres du CT, puis en bamanan devant un groupe de l'OMAES et ensuite devant un deuxième groupe de femmes de la CAFO, puis le personnel du MATCL. Après chaque animation, l'équipe procède à une auto-évaluation, dont les observations seront utiles lors des formations des formateurs et des animateurs.

L'expérience fournit une leçon utile pour la formation des formateurs : celle-ci doit être essentiellement pratique et le programme doit être élaboré dans ce sens. Elle révèle aussi les points faibles chez les animateurs et animatrices expérimentés qui auront tendance à faire parler l'image plutôt que les participants, selon la méthode utilisée jusqu'ici au Mali. Il serait même souhaitable que l'équipe de conception constitue une liste d'erreurs à éviter d'après leurs propres expériences et la transmette au pédagogue pressenti pour élaborer le programme de formation des formateurs. Tous les repères utiles, les pièges à éviter, seraient ainsi recueillis pour préparer la meilleure formation possible sur le terrain.

 

Programme de validation

La majeure partie du mois de juillet est consacrée à la validation du texte, des enchaînements et des images. L'équipe a déjà construit un calendrier de travail qui consiste essentiellement à présenter des animations devant différents publics, à recueillir les commentaires et à procéder aux corrections tant au texte qu'aux images. Les présentations devant les comités régionaux seront dans ce sens extrêmement bénéfiques au dessinateur qui devra sans aucun doute introduire des caractère régionaux dans sa série d'images.

 

Cette période d'exercices pratiques sert deux objectifs à la fois; d'abord, améliorer l'outil à partir des commentaires des participants, puis préparer les équipes à donner la formation aux formateurs. Par ailleurs, ce mois de pratiques et de démonstrations doit aussi servir à faire la promotion de l'outil. Toutes les structures membres devaient organiser une présentation pour connaître la boite à image et l'intérêt de son utilisation dans des programmes de sensibilisation. Jusqu'à présent, deux structures ne l'ont pas encore fait (APEM et AMDH).

 

Enfin, pour que cette série de validation serve à la maîtrise de la méthode d'animation ainsi qu'à l'assimilation du contenu, il importe que l'équipe collige systématiquement les observations et remarques faites par les participants et par elle-même.

 

L'expertise du pédagogue et des animatrices sera grandement appréciée dans l'élaboration des fiches de suivi et d'évaluation qui doivent couvrir le cycle de formation et les animations sur le terrain. Bien que placée sous la responsabilité de la Commission Animation, l'élaboration des instruments de suivi ne peut que profiter de la contribution de l'équipe de la boite à images qui en connaît les tenants et les aboutissants.

 

Utilisation post-électorale de la boite à images

 

La boite à images est un puissant outil d'animation active qui peut être utilisée dans tous les domaines : santé, alpha, environnement, genre, vie associative. Elle est accessible à tous genres de publics et prédispose à l'action grâce à son inter-activité. Il est donc à prévoir que la méthode soit reprise et adaptée par plusieurs programmes de formation populaire.

 

Par ailleurs, les thèmes de décentralisation, citoyenneté et élections ne sont pas limités à une période de temps. Ce sont des thèmes qui appartiennent à l'éducation civique et qui supportent un processus dont la mise en place sera longue. La boite peut donc servir longtemps après les élections communales, moyennant quelques instructions aux animateurs et animatrice.

 

Pour toutes ces raisons, il n'est pas prétentieux de prévoir un avenir à la boite à images conçue dans le cadre de la campagne nationale d'éducation civique. Aussi n'est-il pas trop tôt pour songer à certaines dispositions post-campagne. Les kits seront-ils remis aux sous-préfectures pour de futures utilisations dans les communes? Resteront-ils la propriété du MATCL?

 

Dans le cadre de la présente campagne, pour s'assurer que les kits mis à la disposition des animateurs et animatrices reviennent à la fin du programme d'animation, il est conseillé de conditionner la remise du dernier chèque de paye au dépôt de la boite à images. Les kits pourraient alors être entreposés à la sous-préfecture.

 

Par ailleurs, il n'est pas illusoire d'envisager dès maintenant une stratégie visant à multiplier les localités visitées en associant des partenaires et ONG locales . Par exemple, les organisations intéressées pourraient participer, à leurs frais, à la formation et bénéficier d'un ou de plusieurs kits pour faire de l'animation dans des villages non visés par les équipes d'animation de la campagne. On pense ici aux projets financés par le PNUD et situés hors des zones d'intervention, aux grands projets multi-fonctionnels qui comportent un volet éducation civique ou plus largement IEC. Il suffit de produire plus de kits que les stricts besoins des quatre régions . Il appartiendra toutefois au CT d'établir les conditions de participation ainsi que les politiques d'utilisation par d'autres animateurs que ceux formés dans le cadre de la campagne. Les comités régionaux seront certainement d'un grand secours dans l'analyse de ce procédé, conçu comme alternative aux contraintes budgétaires que connaît actuellement le CT dans son programme d'animation.

 

PAVD

 

Parmi les propositions de programme soumises en mars 2003, figurait la possibilité que le poste de coordonnateur régional soit confié à un volontaire national des Nations-Unies. Cette proposition n'a jamais fait l'objet d'une analyse au sein du Comité de Coordination et n'a pas été retenue pour discussion au sein du Comité Technique.

 

Cependant, comme le Comité Technique est pleinement satisfait de l'assistance qu'une volontaire des Nations Unies lui apporte déjà, il est ouvert à l'inclusion de tels volontaires au sein des comités régionaux au vu de leur structure précaire et surtout des enjeux de la campagne. Les nationaux du Programme d'Appui des Volontaires à la Décentralisation (PAVD) ont comme fonction de renforcer les capacités des acteurs impliqués dans le processus de décentralisation. Le PAVD a par ailleurs, une composante communication et une préoccupation certaine pour l'éducation civique. Pour ces raisons, le coordonnateur du PAVD a consenti à désigner un volontaire national par région pour appuyer l'organisation des activités de la campagne.

 

De son côté, il semble que le CT a quelques réticence à donner à ce VNU quelque titre de représentation de la DNCT puisque chaque comité régional bénéficie déjà d'un représentant du MATCL. Par contre, il accepterait de le voir comme relevant du PNUD, sur le modèle déjà en place en son sein.

 

Une des premières tâches des VNU serait de participer à la sélection des formateurs et des animateurs. Dans cette opération, on s'attend à une grande objectivité de sa part et au strict respect des critères de sélection, étant donné l'enjeu de l'animation dans les régions. Le VNU devrait également avoir un rôle important à jouer dans les suivi des activités, telles que les deux cycles de formation ainsi que les séances d'animation. En l'absence de VNU dans certaines régions, le CT doit envisager d'autres manières d'effectuer son contrôle et son suivi sur les activités de cette région.

 

VOIR EN ANNEXE I : PROPOSITION DE MANDAT DU VNU

 

 

DAP PRODEC

 

En décembre 2002, le DAP PRODEC organisait un séminaire de validation des documents portant sur « stratégie et méthodologie d'introduction de l'éducation à la culture de la paix et aux droits humains dans l'enseignement fondamental et l'enseignement secondaire » et sur « la prise en compte de l'éducation à la culture de la paix et aux droits humains dans l'éducation formelle. »

 

Les participants à ce séminaire national ont accepté, suite à la présentation du rapport de la 1ère mission de la consultante en éducation civique par le coordonnateur du DAP, d'intégrer le thème de l'éducation civique parmi les thèmes traités par la cellule de la culture de la paix et des droits humains.

 

Enseignement formel

Suite à ce séminaire, la Cellule Technique de la composante 2 du DAP a élaboré les termes de référence d'un consultant national pour élaborer le projet de programme et le guide de formation des maîtres pour la culture de la paix au niveau de l'enseignement secondaire et des termes similaires pour le consultant national qui travaillera au niveau de l'enseignement fondamental.

 

Des étapes de validation et d'expérimentation sont prévues avant que les modules de formation soient introduits dans l'enseignement, probablement au cours de l'année académique 2003-2004.

 

Enseignement non-formel

Dans le domaine de l'enseignement non-formel, le processus est semblable. Le consultant doit élaborer des outils pédagogiques (fiches pédagogiques et fiches programmes) sur la culture de la paix, les droits humains et l'éducation civique en partant d'une analyse des besoins de formation des acteurs (enseignements et animateurs, cadres) des structures d'éducation telles que les Centres d'éducation pour le développement (CED), les Centres d'apprentissage féminin (CAF) et les Centres d'alphabétisation (CA).

 

Une étude sociale auprès d'une centaine de représentants des communautés, dont les conclusions ne sont pas encore finalisées, complètera l'étude des manuels scolaires en cours afin de faire l'analyse des besoins en matière d'enseignement de ces thèmes. Le Centre national de l'Éducation (CNE) se prépare à lancer un concours pilote dans l'objectif de recueillir des idées susceptibles d'illustrer le guide de formation. Le matériel, fiches et illustrations, sera finalisé après les recommandations et suggestions recueillies lors d'un séminaire de validation prévu à cet effet.

 

La campagne nationale d'éducation civique peut, quant à elle, atteindre même partiellement les deux niveaux d'intervention du DAP PRODEC. En effet, il est prévu d'organiser des conférences débats dans les lycées et autres institutions d'enseignement situés dans les cercles. Par ailleurs, les centre d'alphabétisation et les centres d'apprentissage féminin touchent des populations ciblées par l'animation avec la Boite à Images.

 

 

 

SUITES DU PROGRAMME

 

LA BOITE À IMAGES

 

Reproduction

Des devis ont été demandés à des imprimeries afin de prévoir les coûts et délais d'impression du Guide de l'Animateur ainsi que de la série d'images qui vont constituer l'essentiel du kit de l'animation. Le guide contient environ 40 pages et les petites images seront au nombre d'environ 40. Le guide sera imprimé recto verso de façon à réduire au minimum le nombre de pages, et sera agrafé et inséré dans une couverture pelliculée.

 

Les travaux de reproduction doivent être terminés à la fin du mois d'août pour permettre de procéder à la formation des animateurs et animatrices avec le matériel réel d'animation, alors que la formation des formateurs et formatrices peut se faire avec des photocopies.

 

Selon la décision du CT concernant les offres de collaboration externes, un nombre supplémentaire peut aisément être prévu afin de répondre à la demande éventuelle. La discussion sur le sujet doit avoir lieu avant d'entrer sous presse.

 

Equipe de formateurs de formateurs

Il a déjà été proposé que l'équipe de formateurs des formateurs soit recrutée parmi les concepteurs de la bote à image. Il semble, en effet, que ceux-ci, qui sont déjà imbus des particularités et difficultés de la méthode, sont les meilleures personnes pour procéder à la formation des formateurs et formatrices. Le conseiller pédagogue a déjà accepté d'élaborer le programme et le matériel de formation nécessaire. Reste à formaliser cette entente par l'élaboration d'un mandat et la signature d'un contrat.

 

 

VOIR ANNEXE II : PROPOSITION CONCERNANT LES FORMATEURS DE FORMATEURS.

 

Formation des formateurs et formatrices

La sélection et le recrutement sont des actions cruciales pour la poursuite et le succès du programme d'animation. Dans sa forme actuelle, la boite à images est un outil nouveau au Mali et sa maîtrise par les animateurs sera déterminante sur l'impact qu'elle créera dans les villages. Aussi, un haut degré de performance doit être exigé en amont, c'est-à-dire de la part des formateurs qui formeront les animateurs. La formation des formateurs s'étendra sur trois jours. La dernière journée sera entièrement consacrée à des pratiques d'animation.

 

Les formateurs et formatrices travaillent par paire. Ils sont rigoureusement choisis par le comité de sélection dont le VNU fait partie. On espère les garder associés à la campagne après la formation en leur confiant des activités de suivi des animations, qu'ils réaliseront en collaboration avec d'autres intervenants dans la région, entre autres les ONG présentes dans les villages et les communes ainsi que les membres des comités régionaux, sans oblier le VNU. Ils peuvent également être appelés à animer avec la boite à outils images .

 

Formation des animateurs et animatrices

La sélection et le recrutement des animateurs et animatrices sont devenus un inquiétude pour ceux qui espèrent une performance optimale. Il faut cependant accepter une réalité : on ne peut rechercher la qualité d'animation d'un professionnel expérimenté comme Thierry Nlandu dès le départ. Lui-même admet que les animateurs s'amélioreront en travaillant, plutôt que dans une formation théorique. Le programme d'animation de la campagne nationale doit cependant compter sur des gens prêts à changer leur approche et à adopter une technique nouvelle. Les critères de sélection doivent être rigoureusement établis pour amener le comité de sélection à ne retenir que des candidats vraiment disposés à s'adapter aux exigences de la boite et non le contraire. Après l'exercice de validation qui leur sera offert, les membres des comités régionaux seront plus en mesure d'identifier les ressources recherchées et, si nécessaire d'associer d'autres éléments de la région dans ce travail.

 

Les animateurs et animatrices sont sélectionnés dans leur commune d'assignation, mais peuvent être appelés à travailler dans une autre commune. Il n'est pas prévu cependant qu'ils sortent du cercle.

 

Pour vraiment attirer les meilleurs éléments, le volume de travail attribué à chaque équipe a été augmenté de façon à occuper les animateurs et animatrices plus longtemps et de leur offrir une indemnité plus substantielle. Pour ce faire, nous avons diminué le nombre d'équipes. Nous croyons que cette stratégie permettra un meilleur choix puisque les conditions offertes seront meilleures. Elle facilitera aussi les opérations de suivi. Mais surtout, en offrant aux animateurs un nombre plus élevé de séances d'animation, on leur permet de s'améliorer dans l'utilisation de la boite à images.

 

Le programme de formation des animateurs et animatrices est essentiellement pratique. Ainsi les deux journées prévues ont comme objectif d'amener, par des répétitions, les animateurs à s'approprier le Guide de l'animateur et à maîtriser l'utilisation de la boite à images. Les deux jours sont un minimum afin de garantir la qualité de la formation.

 

Il faut bien reconnaître que cette formation est très courte en regard des exigences soulevées. Toutes les personnes concernées par la formation des animateurs admettent qu'une semaine de formation serait nécessaire. Encore une fois, les contraintes budgétaires font pression. Et il faut croire que les animateurs et animatrices vont prendre de l'assurance et atteindre un certain niveau de confort avec l'outil à force de s'en servir.

 

Ainsi sera atteint un des objectifs qui est de créer un vivier de ressources compétentes en animation avec la boite à images.

 

 

Participation des femmes

Depuis la constitution de l'équipe de la boite à images, le souci d'intégrer des Maliennes a été présent. Ainsi les équipes de formation des formateurs qui se déplaceront en province seront composées d'une homme et d'une femme. Il n'y a pas de raison de croire que le même ratio ne peut pas être obtenu à tous les échelons. La CAFO est déjà sensibilisée à cette question et devrait aider activement les comités régionaux, par organisations et associations interposées, à atteindre cet objectif. Cependant, on comprendra aisément que les critères de sélection ne peuvent pas être modifiés pour la seule raison de satisfaire à cette ambition. Il serait, en effet, dommageable et même contre-productif de mettre en péril le professionnalisme requis pour manier la boite à images au nom de la parité.

 

Sessions d'animation

Après plusieurs scénarios imposés par les réductions budgétaires, il a finalement été entendu que les équipes d'animation doivent :

- descendre absolument dans les villages

- parler la langue des participants

- créer deux groupes (un pour les leaders d'opinion et un pour les femmes-jeunes) chaque fois qu'il est perçu comme nécessaire pour la bonne marche de l'animation.

 

Le Comité Technique donne aux comités régionaux certaines directives concernant le déploiement des animateurs et animatrices. Chaque équipe d'animateurs sera chargée de visiter un certain nombre de villages et ceux où oeuvrent déjà une ONG seront privilégiés. Ainsi les premières animations peuvent s'adresser aux bénéficiaires de cette ONG. Ensuite, ce sont les CR qui finalisent le plan de déploiement des équipes, en tenant compte des distances et des populations. Ceci doit être fait suffisamment à l'avance pour avoir le temps d'avertir les autorités locales et de mobiliser les publics cibles. Les Comités Régionaux devraient avoir fourni leur plan d'occupation géographique des ONGs régionales pour le 15 août afin de pouvoir ensuite prévoir le plan de déploiement des animateurs.

 

Les séances d'animation réunissent une trentaine de personnes et peuvent donc prendre place n'importe où. Cependant les équipes d'animateurs veilleront à créer les conditions pour que l'exercice de prise de parole ne soit pas perturbé par des interventions de personnes extérieures au groupe. Les séances ont une durée moyenne de deux heures, et les animateurs restent les meilleurs gestionnaires du temps, en accord avec les réactions des participants.

 

Chaque animateur est muni d'une trousse de la boite à images, ce qui permet d'animer deux séances simultanément. Chaque animateur est donc responsable du matériel qui lui est confié et il doit le remettre au comité régional (ou un représentant désigné) afin de recevoir son dernier paiement d'indemnité.

 

Suivi-évaluation du programme d'animation

Le niveau de performance des équipes d'animation et le degré de réussite du programme d'animation ne pourront être saisis et évalués qu'à travers un processus bien réfléchi. Il faut d'une part s'assurer que les séances ont bien eu lieu et d'autre part évaluer la prestation des animateurs. Ces mécanismes de suivi et de contrôle des visites doivent être élaborés par la Commission Animation afin que les CR puissent vérifier l'exécution du plan de déploiement.

 

A chaque séance, l'équipe d'animation doit remplir une fiche pour recueillir des données sociométriques sur les participants et noter leur niveau de satisfaction. Toutefois, les animateurs doivent aussi se sentir encadrés par des agents de suivi à qui ils peuvent confier les difficultés rencontrées au cours de leur travail et remettre leurs fiches de suivi. Ces agents peuvent être des représentants des ONG locales qu'on aura impliquées dans la campagne, des agents administratifs qui agiront comme points de chute, des représentants des structures du comité régional. Le suivi de la campagne exige constance et régularité et devra reposer sur plusieurs intervenants. On peut aussi confier un mandat de supervision au VNU délégué au programme de la campagne. Dans ce rôle le VNU pourrait être la personne qui distribue les indemnités à la fin du mois contre remise des fiches de suivi par les équipes d'animation.

 

Il s'agit de la Commission Animation, la Commission Conférences-Débats, Commission Théâtre et de la Commission Media.

Le président s'est engagé à y travailler en collaboration avec la VNU et le secrétaire permanent.

Cette ouverture a ensuite été contestée par le président qui a soutenu que le concours ne s'adressait qu'aux membres et antennes du CT.

Le dernier scénario du programme d'animation nécessitait moins de 500 personnes.

 

CONFÉRENCES-DÉBATS

 

La Commission responsable de ce volet a présenté récemment une proposition qui situe les conférences-débats au niveau du cercle pour s'adresser précisément à la clientèle étudiante des lycées et autres institutions d'enseignement ainsi qu'au milieu politique. Les conférenciers sont identifiés dans la région par le comité régional et font leur exposé sur les thèmes développés par la boite à image.

 

Partout où cela sera possible, la présentation sur vidéo de la pièce de théâtre servira d'amorce au débat et renforcera les propos du conférencier. Le comité régional devra évaluer la possibilité de compléter le travail auprès des étudiants en facilitant la venue d'une équipe d'animation.

 

Les conférences-débats visent à rejoindre un public plus instruit dans les centres urbains, hors des capitales régionales.

 

ACTIVITÉS CULTURELLES

 

Pour bien réussir une campagne il faut tendre à harmoniser et lier les idées, les messages et les véhicules qui les diffusent. Une campagne n'est pas une addition d'activités séparées mais une seule grande idée répétée sur plusieurs modes et de différentes manières.

 

Théâtre

La Commission Théâtre devrait se concentrer sur la rédaction et production d'une pièce de théâtre et laisser de côté l'épineux aspect de la diffusion. Quelque soit l'apport des bailleurs de fonds à la campagne d'éducation civique, il est peu vraisemblable que le CT trouve le budget pour faire voyager une troupe dans toutes les régions, encore moins dans les communes et les villages.

 

Certains membres du CT l'ont bien compris. Il a été recommandé à la Commission de mettre son scénariste en contact avec l'équipe de concepteurs de la boite et d'élaborer son scénario, non pas nécessairement à partir des thèmes de la boite, mais en liaison avec les idées-forces qui la supportent.

 

Le projet théâtre aurait intérêt à être construit en liaison également avec le radio-feuilleton. Il serait intéressant que les voix radiophoniques soient celles des comédiens de la pièce. Ces productions culturelles auront atteint leur but si les populations s'identifient à certains personnages et retiennent les messages.

 

Radio-feuilleton

Rien n'a été communiqué de la part de la Commission Media sur la création du radio-feuilleton. Cependant, en l'absence d'initiative et de dossier bien ficelé de la Commission, la consultante a contacté un écrivain malien, Moussa Konate, qui a fait connaître son intérêt à travailler sur un tel projet. Il s'agit d'une vingtaine d'épisodes de 10 minutes chacun qui mettent en scène des personnages de la vie quotidienne. Le radio-feuilleton permet d'aborder plusieurs idées puisque les aventures peuvent se renouveler à chaque épisode, les personnages restant les mêmes. L'action peut se situer dans la famille, la concession ou la commune, car les personnages sont variés et liés entre eux comme dans la société malienne. On peut toucher ici des thèmes comme la corruption électorale et l'absentéisme sans nuire à l'unité des messages répandus par la boite et la pièce de théâtre.

 

Personne ne s'est encore penché sur les productions d'identification comme la chanson-thème et le logo. Le CT doit y veiller dès maintenant, en collaboration avec la VNU. Il semble qu'on peut trouver à Bamako quelques graphistes à qui l'on peut demander des devis. Le dessinateur de la boite à images est la personne-contact.

 

 

MÉDIAS

 

Jusqu'à ce jour, la Commission Médias n'a soumis aucun plan d'action ni aucun budget d'exécution. Comme il est expliqué plus haut, le CT serait avisé d'identifier ses priorités en matière de publicité et de support médiatique et de demander ensuite à la commission de les élaborer en projet en vue d'une planification budgétaire. Pour ce faire, chaque activité pourrait inclure une description sommaire du support médiatique attendu.

 

Les radios de proximité devraient normalement être appelées à jouer un rôle de premier plan dans la radiodiffusion du radio-feuilleton et dans le suivi des activités de la campagne dans les régions. Le lancement de la campagne devrait être hautement médiatisé et relayé sur les stations locales pour créer une atmosphère de campagne nationale. Dans tous les cas, la radio devrait être privilégiée, même pour la diffusion de la pièce de théâtre.

 

VOIR EN ANNEXE DES PROJETS DE CAPSULES RADIOPHONIQUES

 

OPÉRATION BAILLEURS DE FONDS

 

Dans le cadre de son assistance au processus électoral, le PNUD a réuni les conseillers techniques à qui le coordonnateur de la CAPE 2000 a présenté un état de l'avancement des travaux de relecture des textes et de la préparation pour les prochaines élections. Ce fut l'occasion pour les consultants en éducation civique de présenter le rapport du sondage du GREAT sur le processus électoral et de faire une démonstration de la nouvelle boite à images malienne.

 

Le MATCL a aussi annoncé une rencontre avec les ambassadeurs pour la mi-juillet, au cours de laquelle il entend leur présenter le plan de campagne d'éducation civique pour les inviter à y participer financièrement.

 

VOIR EN ANNEXE LE PLAN D'ACTION DE LA CAMPAGNE

 

 

RAPPORT DU SONDAGE DU GREAT

 

A la demande du MATCL désireux d'informer les partis politiques sur les perceptions et connaissances des Maliens sur les élections et la gouvernance, le PNUD a accepté de faciliter la publication du rapport du sondage dans la revue du Groupe de recherche en économie appliquée et théorique (GREAT). Deux cents exemplaires du Cahier No. 5 seront mis à la disposition du MATCL et du PNUD pour distribution à tous les acteurs impliqués dans les prochaines élections communales. Le secrétariat permanent du CT doit veiller à acheminer le rapport selon la liste qui lui a été remise.

 

 
 
LEÇONS APPRISES

 

Les semaines qui ont suivi la mise sur pied du Comité Technique ont été décisives dans le fonctionnement interne, dans ses relations avec le Comité de Coordination et dans la compréhension de ses membres du concept d'éducation civique. Les organisations de la société civile malienne sont très jeunes et n'ont pas beaucoup d'expérience dans les techniques de gestion et d'élaboration de projets. Lorsque ces défaillances sont apparues, les grandes lignes étaient déjà tracées et approuvées par le Comité de Coordination: les statuts et règlements et la procédure de gestion financière, les commissions articulées sur les activités de la campagne, le comité exécutif élargi à tous les membres alourdissant la prise de décision et le suivi. On peut dire, rétrospectivement, que c'est à ce moment-là que l'assistance technique externe était requise.

 

En contrepartie, le pari de faire travailler vers le même objectif la société civile et l'administration a été relevé. Le MATCL doit être crédité pour son ouverture d'esprit vis-à-vis de la société civile et son intelligence pour anticiper tous les bienfaits qui peuvent résulter de cette association pendant et entre les périodes électorales. D'un autre côté, les ONG ne peuvent que profiter d'une meilleure connaissance des règles et contraintes qui existent au sein de l'administration publique au Mali. Elles devraient cependant éviter de la prendre comme modèle de gestion administrative et financière.

 

La mise en œuvre de la campagne d'éducation civique repose sur un concept qui est peu et mal connu au Mali : celui du volontariat. Certes, il est de mise d'objecter la précarité financière pour défendre la mercantilisaton de tous les services. Mais il est aussi facile de répondre que la solidarité étant vantée comme une valeur culturelle typiquement malienne, on ne peut que s'étonner qu'elle ne soit pas entendue comme la promotion de l'intérêt général, qui est aussi une définition de l'esprit civique. Depuis sa création, les membres du Comité Technique sont confrontés, parfois douloureusement, à la notion de gestes gratuits, selon la définition du Comité de Coordination, qui se heurte aux habitudes créées par leurs partenaires et aux exigences de la réalité quotidienne.

 

Un séminaire de formation sur des notions d'éducation civique ainsi que sur les exigences de la mise en œuvre d'une campagne nationale aurait grandement profité aux membres, aux commissions et, ultérieurement, aux comités régionaux. Pour ce faire, un véritable comité exécutif aurait pu se réserver l'organisation de certaines activités qui ne relèvent d'aucune commission. La formation des membres du CT en était une de taille et on doit admettre qu'elle a été plutôt escamotée.

 

Les ONG qui ont été invitées à former le Comité Technique avaient toutes déclaré des antennes et des autres structures représentatives dans les régions. Or, et c'est là une autre manifestation de la faiblesse (ou de la jeunesse) de ces organisations, il a fallu attendre l'installation des comités régionaux pour que ces antennes soient informées que leur structure-mère participait à la mise en œuvre d'une campagne d'éducation civique. Il faut convenir que les difficultés de communication sont de taille au Mali, mais elles ne doivent pas servir de prétexte non plus. La fragilité des liens et l'intermittence des communications laissent entrevoir des difficultés lors de l'exécution. C'est ici que le choix d'un représentant de l'administration comme secrétaire permanent prendra tout son sens, car il devra arbitrer et diriger en toute neutralité.

 

La boite à images proposée dans le programme est passablement différente, dans sa conception et son utilisation, de celle déjà connue au Mali. Au vu des réactions qu'elle suscite, on peut conclure que plusieurs réticences et piétinements auraient été évités si elle avait été présentée plus tôt aux membres du Comité Technique. Il convient de retenir la leçon dans le cas du radio-feuilleton. Ce genre radiophonique étant peu connu, il semble opportun de présenter l'ensemble du projet, qu'on illustrera par quelques sketch, ou émissions-pilotes au CT ainsi qu'au MATCL, afin de gagner leur adhésion à cet excellent support d'éducation civique.

 

Enfin, une dernière leçon à retenir est que, s'agissant de travailler en vue de changement de comportement, il s'est avéré très fructueux de faire appel à une expertise africaine.

PROGRAMME D'ACTION DE LA VNU

 

La VNU affectée à la campagne d'éducation civique a revu, avec la consultante, le programme d'action élaboré en début de mandat pour y inclure les activités suivantes :

 

•  Finalisation du document sur l'utilisation de la boite à images au Mali

Il s'agit d'une série d'entrevues faites auprès de Maliens et Maliennes qui ont une expérience de la boite à images, en tant que concepteur ou animateur. Le document sera certainement utile aux partenaires et aux organisations qui utilisent cette méthode.

 

•  Effectuer le suivi des projets femmes financés par le PNUD à Gao et à Ségou en vue des élections communales.

 

•  Assister le Bureau Exécutif et le CT dans des tâches exécutives :

•  Définition du mandat du secrétaire permanent

•  Suivi de la réalisation d'activités spécialisées, notamment l'écriture du radio-feuilleton

•  Encadrement de l'expédition des affaires courantes

•  Appui au suivi de l'animation par la boîte à images

•  Rédaction des différentes éditions du Guide du Coordonnateur Régional

•  Assurer le relais avec les VNU régionaux (communication régulière)

•  Collaboration dans l'élaboration du processus d'évaluation et des outils de suivi des activités de la campagne

•  Suivi de la rédaction du Cahier de textes

•  Préparation des formulaires d'entrevue des formateurs

•  Veiller au respect du calendrier

 

•  Procéder aux recherches nécessaires afin d'élaborer un code d'éthique (ou code de conduite) pour les formateurs et les animateurs.

 

L'expérience de la VNU au sein du CT sera certainement utile aux VNU qui seront affectés aux comités régionaux quant à la place qu'ils occuperont et au rôle qu'ils peuvent jouer au sein de l'organisation de la campagne.

 

 

 

RECOMMANDATIONS

 

Au Comité Technique  :

 

Concernant son fonctionnement :

 

•  Que le mandat du secrétariat permanent et son rôle auprès des comités régionaux soit défini et connu de tous ;

•  Qu'un bureau exécutif restreint soit mis sur pied qui consiste en secrétaire permanent, président du CT et représentante de la commission animation. La VNU s'associera à ce bureau exécutif ;

•  Que les commissions soient dissoutes en juillet suite à la présentation de la programmation au CC et remplacées par un seul bureau exécutif pour toutes les activités qui assurera également le suivi général de la campagne ;

•  Que les démarches en vue de la création d'un logo soient entamées et les coordonnées modifiées sur les correspondances du CT/CNEC. Utiliser le numéro du portable du PNUD en attendant d'avoir un numéro du MATCL ;

•  Que les structures membres du CT informent sans tarder leurs membres et antennes à travers le pays de leur contribution bénévole à une campagne nationale d'éducation civique ;

•  Que les membres du CT s'entendent enfin sur une conception commune de « bénévolat » afin de donner le ton à la campagne et d'éviter des cafouillages avec les comités régionaux ;

•  Que les règles facilitant la participation de nouveaux partenaires externes soient écrites et communiquées aux Comités Régionaux ;

•  Que soient élaborés et approuvés les mécanismes de transfert d'argent dans les régions ainsi que les contrôles y afférents.

 

 

Concernant le programme d'animation :

 

•  Que le pédagogue-aviseur de la boite à images soit chargé de l'élaboration du programme de formation des formateurs, en collaboration avec l'équipe de concepteurs, de même que de la rédaction du cahier de textes servant de support ;

•  Que les deux pédagogues et les deux animatrices engagés pour concevoir la boite à images procèdent, par équipe de deux, à la formation des formateurs dans les régions.

•  Que soit acceptée la décision d'ouvrir les postes de formateurs et d'animateurs à des candidatures en dehors des structures membres afin de s'assurer des meilleures compétences possibles.

•  Que le VNU attaché au comité régional fasse partie du comité de sélection des formateurs et des animateurs.

•  Qu'une politique claire soit définie concernant la participation éventuelle des organisations sur le terrain au niveau de la formation, de l'animation et de l'accès au kit d'animation

 

Concernant le suivi-évaluation des activités de la campagne

 

•  Que le Bureau exécutif relise le programme des Commissions et identifie des indicateurs de réussite en fonction des objectifs de chaque activité et de toutes les étapes dans le but d'être en mesure d'évaluer la performance

•  Que tous les intervenants soient instruits sur la manière d'utiliser les outils d'évaluation afin de donner la plus grande crédibilité aux résultats obtenus.

 

 

Au Comité de Coordination  :

 

•  Que le CC se penche sur la question de la propriété de la boite à images pendant et après la campagne, de même que de la pièce de théâtre le cas échéant.

•  Que le CC accompagne de près le CT et continue de renforcer les capacités d'exécution de ses membres

•  Que le CC définisse sa stratégie de levée de fonds et la fasse connaître au CT pour l'encourager et l'impliquer davantage.

 

Au PNUD :

 

•  Que le PNUD encourage l'utilisation de la boite à images dans ses projets de formation et de sensibilisation.

•  Que la PAVD joue un rôle d'appui dans les régions pour la campagne d'éducation civique (sélection des animateurs, suivi des opérations et promotion des messages de la boîte à images)

 

 

CONCLUSIONS

 

Une campagne nationale présente des difficultés semblables à l'organisation d'une élection : il s'agit de rejoindre un maximum de citoyens dans un laps de temps défini et offrir des services et des produits de qualité semblable. Une campagne d'éducation civique qui prétend amener des changements de comportement vis-à-vis de la politique et des affaires publiques touche, tout comme dans le cas du SIDA ou de l'excision, à la frontière entre la connaissance et la croyance, entre le naturel et le culturel, entre le connu et l'inconnu. Pour toutes ces raisons, le facteur temps et l'effet d'entraînement joueront dans l'atteinte des objectifs. Les membres du Comité Technique sont conscients de l'envergure de la tâche et de la grande responsabilité qu'ils assument dans ce changement de mentalité qui mènera vers la consolidation de la démocratie. C'est tout à leur honneur de persister dans leurs efforts, malgré les embûches et les déceptions inhérentes à ce genre d'entreprise. Cette expérience de mise en commun pour mener à bien un campagne d'éducation civique fera certainement école parmi les démocrates maliens et servira d'aulne aux prochains projets et programmes d'éducation civique au Mali.

 

 

ANNEXE I

 

 

 

 

 

 

PROPOSITION DE MANDAT DES VNU NATIONAUX DU PAVD

 

 

Le PAVD désigne un VNU national par région pour appuyer le comité régional.

 

 

Mandat du VNU  

 

Participer aux réunions des membres du comité régional

 

Entretenir la communication entre la région et le secrétariat permanent par voie électronique

 

Servir d'interface avec le PNUD

 

Participer au processus de sélection et aux entrevues des formateurs

 

Participer au recrutement des animateurs

 

Promouvoir les objectifs et les activités de la campagne auprès des ONG de la région et les inviter à intéresser les populations avec qui elles travaillent

 

Participer au suivi des formations et des animations selon le calendrier établi en comité régional.

 

 

 

 

 

 


ANNEXE II

 

 

EQUIPE DE FORMATION DES FORMATEURS

 

1) Une des clés du succès d'une campagne d'éducation civique réside dans l'harmonisation de ses messages. La population cible ne doit avoir aucune ambiguïté quant aux idées diffusées. Ces thèmes peuvent être développés sur différents tons et répandus par une variété de véhicules, mais ils doivent être ceux annoncés lors du lancement de la campagne. Il est risqué et parfois même contre-productif d'introduire de nouveaux thèmes en cours de campagne.

 

2) La Boite à Images constitue la pièce de résistance de la campagne d'éducation civique, non seulement à cause du travail et des ressources financières qu'exigent sa conception, sa reproduction et sa diffusion, mais pour sa capacité de déclencher des réflexions menant à un changement de comportements au sein de la société malienne. Il a été entendu depuis longtemps que la Boite à Images va s'ériger autour des thèmes de la décentralisation, la citoyenneté et les élections.

 

3) Ces trois thèmes deviennent donc la trame transversale de toutes les autres activités. De plus l'approche de proximité ainsi que la préoccupation pour les populations à la base, doivent être le fil conducteur qui les lient entre elles.

 

4) Ainsi, les modules de formation qui doivent servir à la formation des formateurs et des formatrices doivent être préparés à partir de la Boite à Images, ils doivent préparer les formateurs non seulement au contenu mais aussi à une utilisation performante de la méthodologie.

 

5) Or, il se trouve que parmi l'équipe de concepteurs de la Boite à Images, un pédagogue conseil serait disponible et disposé à élaborer le programme de formation, pendant que le travail de conception est toujours en cours, profitant ainsi des contributions et des critiques positives des membres de l'équipe.

 

6) Il est d'autant plus important de procéder à cette étape de concert avec l'équipe de concepteurs de la Boite à Images que ce sont eux qui, en dernière instance, vont aller en région pour dispenser la formation aux formateurs et aux formatrices.

 

7) Le CT bénéficie ainsi de deux équipes mixtes pour procéder à cette formation au mois d'août 2003. Il s'agit de Haby Sy et Mariam Camara ainsi que Issa Maïga et Mahamadou Keita.

 

8) Le CT fait ainsi l'économie d'un processus de sélection pour composer son équipe de formateurs de formateurs.

 

9) Par ailleurs, le CT est bien conscient de l'importance de recruter des personnes de bon niveau et possédant les qualités requises pour former les animateurs et animatrices à l'utilisation de la Boite à Images. Prenant en compte des inquiétudes similaires exprimées par le MATCL et par le partenaire, le CT suggère que les deux équipes de formation aillent en région pour présenter la Boite malienne aux comités régionaux. Ceci doit être l'occasion d'inviter les partenaires et les ONG qui s'investissent dans la décentralisation ainsi que les autorités locales, telles que le Haut Commissaire, les CCC, la DNI décentralisée, les préfets, maires et conseillers communaux etc. sans oublier le VNU affecté au comité régional.

 

Cette initiative vise plusieurs objectifs :

 

10) Les formateurs et les formatrices seront recrutés dans la région par les membres des comités régionaux. Cependant, étant donné les enjeux de l'animation par la Boite à Images, il est impératif que les critères de sélection soient appliqués parfaitement, ce qui implique que le bassin de candidats soit suffisamment large pour effectuer un tri judicieux. Il est donc recommandable que la recherche de candidats ne se limite pas au sein des seuls organismes membres de la région, mais soit ouverte à tout individu qui remplit les exigences du poste.

 

11) L'entrevue est également une étape délicate du processus de sélection. Il y a lieu ici d'associer le VNU au comité de sélection afin d'assurer un œil externe sur le déroulement des entrevues et de la sélection finale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


ANNEXE III

 

IDÉES DE PROJETS RADIOPHONIQUES pour URTEL

 

PROJET « MICRO-TROTTOIR»

UNE FOIS PAR SEMAINE, EN MILIEU RURAL ET URBAIN

 

. IREZ-VOUS VOTER AUX COMMUNALES? POURQUOI?

. POUVEZ-VOUS NOUS DONNER UNE RAISON POUR ALLER VOTER? POUE NE PAS Y ALLER?

. CONNAISSEZ-VOUS VOS CONSEILLERS COMMUNAUX?

. QU'ATTENDEZ-VOUS DE VOTRE CONSEIL COMMUNAL?

. ETES-VOUS DÉJÀ ALLÉ À LA MAIRIE?

. CROYEZ-VOUS QUE LE CONSEIL COMMUNAL TRAVAILLE POUR LES CITOYENS DE LA COMMUNE?

 

PROJET « VOTRE MAIRE VOUS RÉPOND »

5 MINUTES PAR SEMAINE SUR UN THÈME ANNONCÉ QUELQUES SEMAINES À L'AVANCE.LES CITOYENS FONT PARVENIR LEURS QUESTIONS ET PRÉOCCUPATIONS À LA MAIRIE LA SEMAINE PRÉCÉDENTE.LE MAIRE PRÉPARE SES RÉPONSES ET PARLE AUX CITOYENS À HEURE FIXE UNE FOIS PAR SEMAINE.

Exemples de sujets à traiter

. LES SERVICES OFFERTS PAR LA COMMUNE

. QU'EST-CE QUI ARRIVE SI ON NE PAYE PAS SES TAXES

. LES ÉLECTIONS DU CONSEIL COMMUNAL

. LES CHEFS DE VILLAGE ET LES ÉLECTIONS

. LES VILLAGES DANS LA DÉCENTRALISATION

. EST-ON PLUS CITOYEN QUAND ON HABITE EN VILLE?

 

PROJET « LA CAMPAGNE CETTE SEMAINE »

EMISSION DE 10 MINUTES ANIMÉE PAR LE COORDONNATEUR DU COMITÉ RÉGIONAL (OU UN AUTRE MEMBRE). IL S'AGIT DE FAIRE LE POINT SUR LA CAMPAGNE DANS LA RÉGION ET DE PRÉSENTER LES ACTIVITÉS POUR LA SEMAINE À VENIR.

 

•  IL ANNONCE LE NOM DES VILLAGES QUI ONT ÉTÉ VISITÉS LA SEMAINE PRÉCÉDENTE.

•  IL REMERCIE LES AUTORITÉS VILLAGEOISES QUI ONT REÇU LES ÉQUIPES D'ANIMATEURS.

•  IL MENTIONNE LES ASSOCIATIONS, ONG ET INSTITUTIONS DE LA RÉGION QUI ONT COLLABORÉ AVEC LE COMITÉ RÉGIONAL.

•  UN OU UNE VILLAGEOISE QUI A ASSISTÉ À UNE SÉANCE D'ANIMATION DONNE UN TÉMOIGNAGE DE 30 SECONDES.

ANNEXE IV

 

COMITE TECHNIQUE / CAMPAGNE NATIONALE

D'EDUCATION CIVIQUE ( CT/ CNEC )

 

PLAN DE CAMPAGNE D'ÉDUCATION CIVIQUE

EN VUE DES ÉLECTIONS COMMUNALES

 

 

Thèmes retenus : CITOYENNETÉ, DÉCENTRALISATION ET ÉLECTIONS

 

Justifications  :

•  faible participation au scrutin depuis 1992

•  faible participation au processus de décentralisation

•  déficit d'information sur les droits et devoirs du citoyen

•   

Objectifs  :

•  motiver les Maliens et les Maliennes à devenir les acteurs permanents de leur développement au niveau de la commune

•  hausser le taux de participation aux élections communales

•   

 
la boite à images

 

Méthodologie

 

La boite à images est un outil d'animation composé d'une série d'images utilisées pour encourager le dialogue et les échanges avec les participants grâce à l'utilisation d'images. Elle est donc particulièrement adaptée aux non-lettrés et peut servir dans toutes les langues.

 

La boite à images malienne a été élaborée par des spécialistes en droit, en pédagogie, en animation et en graphisme. Elle est construite sur les thèmes de la décentralisation, la citoyenneté et les élections et aborde les valeurs démocratiques d'égalité, de participation et de justice distributive.

 

La Boite à Images constitue la pièce de résistance de la campagne d'éducation civique, non seulement à cause du travail et des ressources financières qu'exigent sa conception, sa reproduction et sa diffusion, mais aussi pour sa capacité de déclencher des réflexions menant à un changement de comportements au sein de la société malienne. Les résultats attendus à moyen terme sont la hausse de la participation aux scrutins et du retrait de la carte d'identité et autres documents d'état civil (enregistrement des enfants, actes de mariage, etc).

 

Sessions d'animation des populations

Cette activité prévue pour les 9 régions sera tout d'abord mise en place dans 4 régions, soit à Tombouctou et Mopti, à Koulikoro et à Sikasso.

Dans chaque région, un nombre de villages à visiter a été fixé : Koulikoro (600),  Sikasso (800), Mopti (800), Tombouctou (432).

 

Trois catégories de personnes sont visées par l'animation : les femmes, les jeunes et les leaders d'opinion. Pour être efficaces, les groupes ne doivent pas dépasser trente participants.

 

Des animateurs par équipe de deux (homme et femme) se déplacent dans les villages, fractions et quartiers urbains. Deux séances d'animation peuvent donc être tenues simultanément dans le cas où les participants seraient réticents à former un groupe mixte.

 

Les localités retenues pour bénéficier des séances d'animation seront prioritairement celles où interviennent des associations communautaires et des ONG, afin de profiter des groupes déjà mobilisés et potentiellement de créer un effet multiplicateur dans la zone. La venue des animateurs dans les localités est annoncée par la radio locale et par des moyens de communication traditionnels. Le suivi sera assuré par différents intervenants régionaux liés à la campagne.

 

Méthode de formation 

Les intervenants seront formés en cascade par deux équipes de spécialistes qui iront dans les régions former les formateurs et les formatrices. Ces derniers descendront dans les cercles pour former les animateurs et les animatrices.

 

Nombre de formateurs dans chaque région  :

Koulikoro : 5 équipes (soit 10 personnes)

Sikasso : 4 équipes (soit 8 personnes)

Mopti : 5 équipes (soit 10 personnes

Tombouctou : 2 équipes (soit 4 personnes)

 

Les formateurs sont sélectionnés dans les régions, et travaillent en équipe mixte de 2 personnes. Ils dispensent leur formation au niveau du cercle et peuvent être appelés à couvrir plus d'un cercle. Ils sont formés par l'équipe des concepteurs de la Boite à Images qui se déplacent dans les régions en équipe de deux. La formation des formateurs dure 3 jours, dont le dernier consacré entièrement à la simulation.

 

Nombre d'animateurs par région :

Koulikoro : 30 équipes (soit 60 personnes)

Sikasso : 40 équipes (soit 80 personnes)

Mopti : 40 équipes (soit 80 personnes)

Tombouctou : 18 équipes (soit 36 personnes)

 

Les animateurs et animatrices sont sélectionnés dans leur commune d'assignation et parlent la langue de la population à laquelle ils s'adressent. Ils travaillent par équipe mixte de deux personnes. Chaque équipe est appelée à couvrir un certain nombre de villages à l'intérieur de leur commune. Chaque membre de l'équipe est muni d'un kit de la Boite à Images en prévision de séances d'animation simultanées. Les animateurs et animatrices sont formés dans les cercles par les formateurs suivant un programme de 2 jours.

 

Couverture médiatique

La coopération des médias écrits et électroniques est essentielle pour publiciser les événements qui s'adressent au grand public et pour maintenir vivante la campagne dans l'opinion publique. Leur contribution sera aussi appréciée pour la diffusion grand public des productions culturelles comme la pièce de théâtre et le radio-feuilleton. Les radios de proximité sont des supports indispensables pour amener dans les villages les débats nationaux.

 

Un plan médiatique (spots, entrevues, reportages, capsules, micro-trottoirs, diffusion d'extraits de conférences-débats, radio-feuilleton) pour la durée de la campagne est préparé et couvre toutes les régions.

Calendrier

 

Conception et validation de la boite à images

Juin-juillet 2003

Reproduction de la boite à images

Juillet – début août 2003

Formation des formateurs

Août 2003

Formateurs des animateurs dans 4 régions

Septembre 2003

Animation dans les villages des 4 régions

A partir d'octobre 2003

 

Organisation de conférences-débats
dans les centres urbains

 

 

Population visée  : les décideurs politiques, les formations politiques, le milieu académique, les cadres de l'administration régionale et locale, les syndicats et les associations professionnelles

 

Priorité  : les milieux étudiants

 

Le Comité Technique propose un programme thématique aux Comités Régionaux et organise des conférences-débats à Bamako. Voici une liste des thèmes déjà identifiés :

Les conférences-débats sont organisées dans les cercles. Partout où cela est possible, la projection de la pièce de théâtre sert d'amorce. Des animateurs et des formateurs sont donc présents pour répondre aux questions que pourra susciter la projection. L'événement est lui-même identifié à la campagne par la diffusion de la chanson-thème ainsi que des banderoles pour annoncer le thème de la conférence-débat. Le sujet est exposé par un seul conférencier, recruté dans la région.

 

Les comités régionaux voient à publiciser les événements afin d'assurer la participation de la population visée. Lorsque faire se peut, ils préparent des notes à distribuer aux participants sur les thèmes débattus.

 

ACTIVITÉS CULTURELLES

 

 

Création d'une pièce de théâtre

Un scénario est créé sur un ou plusieurs thèmes de la campagne, qui reprend et met en scène les grandes idées déjà développées dans la Boite à Images. Le scénario est joué par une troupe de théâtre et la représentation est filmée sur vidéo pour faciliter sa diffusion. La pièce peut ainsi être télédiffusée même dans les stations locales. Quelques cassettes vidéo sont mises à la disposition des Comité Régionaux ainsi que plusieurs cassettes audio à l'intention des équipes d'animateurs.

 

Composition d'une chanson-thème

Activité visant surtout les jeunes entre 16 et 25 ans, la chanson-thème doit servir à identifier la campagne d'éducation civique. Cette activité doit servir à mobiliser les jeunes aux concepts mis de l'avant par la campagne et les intéresser aux élections. La musique d'intro de la chanson devrait servir de jingle.

 

Écriture d'un radio-feuilleton

Écriture d'une série radiophonique d'une quinzaine d'épisodes de 10 minutes qui campent des personnages familiers dans des aventures réelles sur la question de la famille, de la commune, des élections, des élus, les perceptions du pouvoir, les aspirations des citoyens, leur vision du futur. Le scénariste travaille à partir de la Boite à Images et en collaboration avec l'équipe de concepteurs. Le radio-feuilleton sera écrit en juillet. Des contacts ont déjà été faits avec des experts maliens. Ce radio-feuilleton est annoncé et diffusé sur les radios de proximité et sur le réseau ORTM.

 

 

 

La boite à images a été construite sur un modèle créé en RDC sur les thèmes de démocratie, paix et développement.